Stéréotypies

by OOPET

Toc ou Stéréotypie: Définition

Les stéréotypies sont des « comportementaux répétitifs exprimés par l’animal sans but précis ».

Elles sont considérées comme des comportements répétitifs causés par de la frustration, des tentatives infructueuses de s’adapter à l’environnement ou un dysfonctionnement du système nerveux central.

Ce trouble est généralement exacerbé dans des conditions de stress
Elles s’expriment de manière différente selon les espèces et chez le chien, on peut citer les individus qui chassent les mouches, qui se lèchent les pattes durant des heures ou qui sucent leur flanc…

Il s’agit de comportements naturels amplifiés sans but connu et qui marque un état de mal-être chronique.

Stéréotypies locomotrice du chien

Une poursuite interminable de sa queue

Le chien tourne sur lui-même, plus ou moins rapidement, en se focalisant sur sa queue et en essayant de l’attraper ou de la mordre, le comportement porte le nom de « tail chasing » en anglais.
Il peut parfois aboutir à une automutilation de la queue.

Si le chien tourne en cercles serrés sans s’intéresser à sa queue, il est appelé « spinning » en anglais, tournis en français.

Les chiens tournent indifféremment dans les deux sens et peuvent présenter des vocalisations ou des manifestations agressives en même temps.

A partir de quand?

La plupart des chiens commencent à tourner avant l’âge d’un an.

La fréquence des crises de tournis?

Elle est très variable, certains chiens en présentent occasionnellement, tandis que chez d’autres, ce comportement occupe plus de 80 % du temps éveillé .

La durée des crises de tournis n’est pas fixe:

  •  moins de 2 min pour 43 % des chiens
  •  2 à 30 min pour 29 % des chiens
  •  plus de 30 min pour 28 % des chiens

Les éléments déclencheurs:

  •  Le départ et l’arrivée du propriétaire
  •  Le départ en promenade
  •  La présence d’autres chiens
  •  Un environnement non prédictible ou restrictif
  •  Le manque de stimulation
  •  Le manque d’interaction avec le propriétaire et
  •  Le manque d’interaction avec d’autres chiens

Autres éléments déclencheurs

  • L’épilepsie
  •  Des douleurs en région caudale

Autres stéréotypies locomotrices

Les chiens sont touchés par d’autres comportements répétitifs de type locomoteur.

Les exemples les plus fréquents sont:

  • Sauter sur les murs
  •  Marcher en cercle
  •  Branlement de tête 
  • Déambuler, l’animal fait les 100 pas en empruntant systématiquement le même trajet.
    -> Le nom anglais est « Pacing ».

Stéréotypies orales :

Tous les spécialistes ne s’accordent pas sur la pertinence d’inclure le pica et la coprophagie dans les comportements répétitifs.

Pica

Le chien lèche ou mâchonne de manière excessives des objets, des murs, des sols, ses babines, sa truffe…
Ce comportement peut indiquer un déficit nutritionnel mais beaucoup de chiens l’expriment alors que leur ration alimentaire est parfaitement équilibrée.

Ce comportement peut conduire à des troubles digestifs ou à une occlusion digestive par ingestion d’un corps étranger.

De nombreuses causes peuvent être à l’origine de ce trouble

  •  Malnutrition (ration trop pauvre ou en quantité insuffisante)
  •  Mal digestion ou malabsorption (comme l’insuffisance pancréatique exocrine)
  •  Maladie inflammatoire chronique de l’intestin
  •  Prolifération bactérienne intestinale
  •  Parasitisme intestinal
  •  Maladies métaboliques entrainant de la polyphagie (comme le diabète ou le syndrome de Cushing)
  • Shunt porto-systémique
  • Anémie
  •  Troubles du système nerveux central
  •  Troubles comportementaux
  •  Médicaments entraînant une polyphagie (comme les corticoïdes ou les benzodiazépines)

Coprophagie

La coprophagie est un comportement assez courant chez les chiens puisqu’on estime que la moitié des chiens ont mangé des fèces au moins une fois dans leur vie et que 16 % le font fréquemment.

Ce comportement est physiologique pendant la période néonatale.
La mère stimule la région périnéale de ses chiots en la léchant après le repas pour déclencher la miction et la défécation, ce qu’ils sont incapables de faire seuls en raison de l’immaturité de leur sphincter.
Elle ingère ensuite les déjections, cela élimine les odeurs et permet aux chiots de rester dans un endroit propre.
La mère cesse progressivement de le faire vers un mois.

Le chiot découvre et explore son environnement notamment avec sa gueule et peut ingérer des fèces, ce qui  régresse avec la puberté

Stéréotypies auto-dirigées

Dermatite de léchage

Un léchage excessif sans irritation cutanée ou blessure est un marqueur de stress chronique chez l’animal qui se lèche afin de se rassurer et faire face au stimulus stressant.

Cela crée une dermatite de léchage, une affection dermatologique qui se caractérise par un hyper toilettage ou un mordillement chronique des membres.

Le léchage répété finit par induire des lésions alopéciques, érythémateuses voire ulcératives.

Les régions en regard du carpe et du métacarpe sont le plus souvent atteintes mais des lésions en regard du radius, du métatarse ou du tibia peuvent être décrites plus rarement.

Une pyodermite est fréquemment induite secondairement et elle contribue, avec l’inflammation, à entretenir le prurit.

Les chiens de grande race semblent être plus touchés et les symptômes se déclencheraient après l’âge d’un an

De nombreuses causes peuvent être à l’origine de ce trouble

Le prurit peut être causé par :

  •  Des allergies
    -> Dermatite atopique
    -> Hypersensibilité alimentaire
  •  Des affections fongiques et parasitaires
    -> Dermatophytose
    -> Démodécie
  •  Des traumatismes antérieurs
  • Des maladies articulaires
  •  Des néoplasies

Il est donc primordial d’investiguer toutes les affections susceptibles de conduire le chien à se lécher.

Stéréotypies de vocalisations

La communication du chien passe, entre autre, par diverses vocalisations:

– Les aboiements – Les grognements – Les hurlements – Les gémissements

En fonction du contexte dans lequel ils sont émis, les aboiements peuvent être:

  • Un appel au jeu

  • Un signal d’alerte ou d’avertissement quand le chien perçoit un bruit

  • Un signe de stress, par exemple quand le chien est isolé.

    Ces vocalisations font partie du répertoire comportemental normal de l’espèce, mais peuvent être source de nuisances sonores.

    Néanmoins, des aboiements persistants, en rythme, dirigés contre de la nourriture ou des gémissements et hurlements persistants peuvent être le signe d’un comportement répétitif et donc anormal, car produit exagérément et en dehors du contexte habituel.

    Certains chiens présentent également des vocalisations persistantes, gémissements, aboiements, hurlements en l’absence de leur propriétaire.
    Des destructions et de l’agitation sont souvent associées, ce qui conduit certains auteurs à utiliser le terme de « syndrome d’anxiété de séparation »

Stéréotypies hallucinatoires

Chasseur d’ombres, de mouches imaginaires, fixer un point du regard…

Ce trouble du comportement est peu fréquent et concerne des chiens qui semblent fixer du regard quelque chose pour ensuite tenter de l’attraper ou de le mordre.

Cela peut être accompagné d’autres comportements anormaux comme le léchage excessif des membres ou de signes de crises épileptiques.

 

Les causes possibles à l’origine de ce trouble ne sont pas encore bien connues et pourraient inclure

  • L’épilepsie
  • Des troubles du système nerveux central
  • Des troubles du comportement
  • Certaines maladies gastro-intestinales

Traitements des comportements répétitifs chez le chien

Enrichissement physique

Pour répondre aux besoins éthologiques du chien, il est recommandé :

de fournir un exercice quotidien et adapté au chien

Des promenades peuvent suffire, mais certains ont des besoins physiques et mentaux plus importants qui doivent être comblés par d’autres activités comme par exemple l’agility.

de procurer un lieu de couchage adapté

Il doit être confortable et situé dans un endroit calme (pour ne pas être dérangé et pouvoir se reposer) mais pas trop (pour ne pas être isolé).

de donner une alimentation adaptée

Un à trois repas sont recommandés par jour, cependant on peut stimuler le comportement de recherche de nourriture et utiliser des jeux distribuant de la nourriture.
On peut aussi ne pas utiliser de gamelle, mais disperser ou cacher la nourriture.

L’eau fraîche doit être fournie à volonté.

apporter des jouets

Ils doivent être de préférence stimulants et attractifs.

Des chercheurs ont montré que les chiens ont tendance à être plus attirés par des jouets mous qu’ils peuvent mordre ou qui font du bruit.

Stimuler les sens :

– Utiliser de la musique
– Des jeux qui font du bruit
– Des jeux alimentaires ou permettre l’exploration d’un nouvel environnement.

L’effet de la musique sur les chiens a été étudié et il a été montré que la musique classique a un effet calmant.
Les chiens passent ainsi plus de temps à se reposer et moins de temps à vocaliser, ce qui est cohérent avec un niveau de stress moins élevé.
Au contraire l’écoute de musique de type heavy metal engendre un stress plus important.

Enrichissement social

Augmenter les interactions intra-spécifiques positives

Les interactions intra-spécifiques sont nécessaires au chien qui est une espèce sociale.
Il a donc besoin de contact avec des congénères.

Idéalement, proposer des promenades en liberté avec d’autres chiens où ils peuvent interagir librement car la laisse a encore un effet négatif,
elle entrave la communication olfactive, très importante dans les relations canines.
La majorité des flairages concernent la tête et la région ano-génitale.

Les chiens tenus en laisse se flairent moins que les sujets libres, ce qui entraine x2 fois plus de menace de morsure quand les chiens sont en laisse qu’en liberté.

Certains sont réticents par peur que leur chien ne se fasse agresser.

Une étude portant sur les relations entre chiens lorsqu’ils sont en promenade, a montré à partir de plus de 1800 observations, qu’un chien en a menacé un autre dans 15 % des cas et qu’une morsure a eu lieu dans 3 % des interactions.
La menace est un comportement normal qui sert d’avertissement et, si elle n’est pas prise en compte, peut aboutir à une morsure.
Seulement 1 morsure sur 13 est survenue sans identification d’une menace au préalable : il est donc possible de réagir avant l’accident à condition de savoir observer les chiens.

Le comportement le plus exprimé lors de rencontre entre congénères

  • Le flairage -> 75 % des interactions
  • Le marquage -> 32 % des interactions
  • Le jeu -> 26 % des interactions

Augmenter les interactions inter-spécifiques 

Concernant les interactions inter-spécifiques, la communication et le partage d’activités entre le propriétaire et le chien sont essentiels :

Promenades –  Caresses – Exercices – Jeux avec récompense

Un contact de 30 minutes avec l’homme permet de diminuer la concentration plasmatique de cortisol  et de réduire les vocalisations.

Créer des interactions avec une autre espèce est également possible, à condition que les animaux y soient habitués et les tolèrent.

Les relations entre les chiens et les chats vivant dans le même foyer

La relation a plus de chance d’être de bonne qualité si
– la première rencontre a lieu avant 6 mois chez le chat et avant 1 an chez le chien et
– le chat est présent dans le foyer avant l’arrivée du chien

Ainsi, les deux espèces sont capables de comprendre les signaux de communication de l’autre et d’avoir des comportements affiliatifs tels que le jeu ou des contacts nez à nez

Apprentissage par le conditionnement 

L’apprentissage est la base de la thérapie comportementale
C’est un processus qui permet à un individu de modifier ses comportements en prenant en compte ses expériences précédentes.

Pour modifier un comportement, il est conseillé de renforcer les comportements appropriés et de réduire les comportements gênants.

Le temps entre l’association d’un comportement produit par le chien et le stimulus que l’on applique est limité à quelques secondes.

Ceci implique de renforcer ou de punir uniquement sur le fait et jamais a posteriori .

  • Si on ajoute un stimulus agréable pour augmenter l’émission d’un comportement:On parle de renforcement positif -> c’est le principe de la récompense
  • Si on retire un stimulus aversif pour augmenter l’émission d’un comportement:On parle de renforcement négatif.
  •  Si on ajoute un stimulus aversif pour diminuer l’émission d’un comportement:On parle de punition positive -> c’est le principe de la sanction
  •  Si on retire un stimulus agréable pour diminuer l’émission d’un comportement:On parle de punition négative.

thérapie comportementale en 5 points

On peut diminuer les comportements répétitifs à l’aide des mesures suivantes

1/
Mettre en place une routine quotidienne avec les repas, les promenades, les jeux et les interactions.
Un environnement prédictible diminue le stress

2/
Récompenser systématiquement les comportements désirés.

3/
Ne pas punir le chien, ce qui est inefficace et source d’anxiété.
Ne pas chercher à empêcher le chien de présenter les comportements répétitifs par une contention physique.

4/
Identifier et éliminer les stimuli, les situations à risques, les signes avant-coureurs déclenchant les comportements répétitifs. On peut aussi habituer le chien à ces situations en associant le stimulus avec quelque chose de positif.

5/
Interrompre le chien le plus tôt possible quand il commence à présenter le comportement répétitif en attirant son attention.

Il est possible de prendre en charge un comportement répétitif sans médicaliser le chien.