La contraception

by OOPET

La contraception de la chienne

Afin d’éviter la reproduction d’une chienne, il existe plusieurs méthodes de contraception.

LES TECHNIQUES MÉDICALES

Les techniques médicales permettent de supprimer les chaleurs sans compromettre l’avenir reproducteur de la chienne.
Totalement réversibles dès l’arrêt du traitement, la chienne pourra de nouveau avoir des chaleurs et des portées.

Ces techniques induisent cependant des risques non négligeables :
– d’infection utérine
– de dérèglement hormonal (diabète en particulier)
– de stimulation de tumeurs mammaires.
Elles sont également contre-indiquées chez:
– les chiennes diabétiques
et
– les chiennes ayant ou ayant eu des affections des organes génitaux
– chez les chiennes impubères
– les animaux “indépendants” ou qui vivent chez plusieurs personnes

LES TECHNIQUES CHIRURGICALES

Les techniques chirurgicales sont définitives, on parle alors de stérilisation.
Les interventions sont pratiquées sous anesthésie générale de courte durée, et la chienne n’est hospitalisée que quelques heures.
Sauf incident ou accident péri-opératoire, la chienne retrouve une activité complètement normale en 2 ou 3 jours.

Il s’agit principalement de :
– l’ovariectomie, la ligature des trompes
– l’ovario-hystérectomie, l’ablation des ovaires et de l’utérus

L'ovariectomie

Il s’agit de l’ablation chirurgicale des ovaires. La chienne n’aura donc ni chaleurs ni chiots.

Par contre, la castration entraîne un déséquilibre hormonal pour l’animal qui aura tendance à prendre rapidement du poids en cas d’excès alimentaire.
Une ration alimentaire adaptée et équilibrée et un peu d’activité régulière permettent de gérer très facilement ce risque.

D’autres effets secondaires beaucoup plus rares consistent en des chutes de poils sur les flancs et une incontinence urinaire, qui peuvent être traitées.

L’ovariectomie est pratiquée chez la chienne juste avant la puberté, soit à l’âge de 5 mois environ, soit au cours du 5e mois qui suit les chaleurs, qu’il y ait eu ou non gestation.

En cas de misebas, il faut arrêter la lactation au moins 15 jours avant l’opération.

L’ovariectomie permet de prévenir en grande partie :

– l’apparition de tumeurs mammaires
– de lactations nerveuses
– de tumeurs de l’appareil génital (utérus, vagin)
– d’infections de l’utérus, pathologies fréquentes et parfois très graves pour la chienne

Ces effets bénéfiques pour la santé de la chienne seront d’autant plus importants que l’intervention aura été pratiquée à un jeune âge.
C’est la méthode de choix pour une chienne qui n’est pas destinée à la reproduction.

Ovario-hystérectomie

L’ovario-hystérectomie est un acte chirurgical consistant à retirer les ovaires et les deux cornes utérines à la faveur d’une laparotomie d’abord ventral.

L’incision est au milieu de l’abdomen et est adaptée à la taille de l’utérus que l’on doit retirer.

On procède d’abord à une ligature puis à une section des ovaires.

Les cornes utérines sont ensuite délicatement séparées de leurs attaches abdominales à l’aide de compresses.

Les vaisseaux sanguins irriguant l’utérus peuvent être ligaturés à part, afin d’éviter les hémorragies, notamment sur un utérus anormal.
Une ligature est posée sur le vagin flasque puis l’ensemble ovaires et utérus est retiré.

Que choisir: L'ovariectomie ou l'Ovario-hystérectomie ?

En France, la technique de choix est l’ovariectomie.
Aux Etats-Unis et en Angleterre, on préfère l’ovariohystérectomie.

Aucune différence significative trouvée concernant:
– le score de douleur post-opératoire
– la nociception per- opératoire
– le score de plaie

Aucune différence significative n’a été démontrée dans la prévalence des différentes affections du tractus génital en post-opératoire:
– incompétence sphinctérienne
– endométrite et
– pyomètre

LES INCONVÉNIENTS DE L’OVARIOHYSTÉRECTOME

– Chirurgie plus invasive
– Une plaie plus grande
– Prend plus de temps per-opératoire = entraine un espace mort plus important
– Nécessite une traction plus importante des tissus

L’ OVARIOHYSTÉRECTOMIE EST RECOMMANDÉE

– En prévention de tumeurs utérines chez les anglo-saxons.
Les tumeurs utérines sont cependant rares chez la chienne (de l’ordre de 0,3 à 0,4% de l’ensemble des tumeurs canines), et sont bénignes dans 85 à 90% des cas.

– En prévention de l’hyperplasie glandulo-kystique entrainant un pyomètre.
L’ovariectomie offre un même effet protecteur.

Il est donc recommandé de pratiquer une ovariectomie en l’absence d’anomalie utérine.

La pilule

Les comprimés d’hormone anticonceptionnelle sont utilisés tous les jours ou tous les 2 jours en commençant 10 à 15 jours avant le retour supposé des chaleurs.
Ils suppriment les manifestations sexuelles pendant la durée de leur administration.

Ce mode d’administration est intéressant pour un report de chaleurs pendant une période brève (chasse, congés, concours…), mais est très contraignant : la chienne devra avaler ses comprimés très régulièrement, la date des chaleurs doit être bien connue, ainsi que la cyclicité de la chienne.

L’usage de contraceptifs oraux n’est absolument pas conseillé car ils favorisent le développement d’infections bactériennes de l’utérus (« pyomètre ») ainsi que l’apparition de tumeurs mammaires, ovariennes ou utérines. Cette technique doit donc rester une mesure d’exception.

Les injections d'hormone anticonceptionnelle

Par leur effet prolongé, elles remplacent les administrations répétées de comprimés.
Mais leurs effets défavorables, en particulier les risques d’affection de l’utérus, sont également aggravés.

Ces injections, renouvelées périodiquement, suppriment les manifestations sexuelles de la chienne.

Elles doivent être administrées environ 1 mois avant les chaleurs à venir, ce qui impose de connaître parfaitement le cycle sexuel de la chienne.