Obésité

Les causes de l'obésité

La prise de poids repose sur un apport énergétique supérieur à la dépense énergétique.
Les facteurs déterminants l’obésité sont donc nutritionnels mais ils peuvent également être génétiques ou environnementaux :

La stérilisation – Etre une femelle – La race  – Le manque d’activité – Les désordres endocriniens – Certains médicaments – Des repas trop caloriques

APPORT ENERGETIQUE

L’apport énergétique correspond à l’énergie ingérée au travers de l’alimentation :
Ration de base – Friandises – Extras chassés ou volés

Pour un même volume, les aliments à densité énergétique élevée apportent plus de calories.
– Vérifier la composition énergétique du repas et le nombre de calories
– Diminuer les quantités
– Vérifier la teneur en lipides de l’aliment responsables à la fois de l’appétence et d’un apport calorique élevé. Plus il est appétant, plus il va être consommé. L’animal va augmenter sa consommation d’un aliment riche en lipides donc très calorique.

MODE DE DISTRIBUTION

le mode de distribution de l’aliment détermine la quantité ingérée :
– Le repas est  à volonté, la gamelle est toujours remplie et à disposition
– Vous partagez votre repas en donnant les restes 
– Distribution reguliere de friandise

DEPENSE ENERGETIQUE

La dépense énergétique dépend principalement de la masse de tissu maigre de l’organisme.
Le tissu adipeux n’est responsable que de 5% de la dépense ; même si la masse grasse représente 50% du poids de l’animal au lieu de 15% pour un individu mince, elle sera responsable de seulement 10% des dépenses énergétiques.

A poids égal, un animal musclé aura une dépense énergétique plus élevée qu’un animal gras,
les animaux obèses doivent consommer moins d’aliments que les animaux minces pour maintenir leur poids.

La dépense energetique dépend aussi de l’activité physique de l’animal, plus il est actif et réalise des exercices de longue durée, plus la dépense énergétique sera élevée, plus il augmentera sa masse musculaire, donc la dépense énergétique liée à la masse maigre.

Les animaux sédentaires ne pratiquant que très peu d’exercices ont donc une dépense énergétique très faible.

LES FRIANDISES

la friandise constitue pour nombre de propriétaire une marque d’affection souvent associée à une caresse.
L’animal qui réclame de l’attention ne réclame pas forcément de la nourriture.
Certains propriétaires ne sont pas habitués à favoriser des interactions non alimentaires et l’attention portée se traduit toujours par une friandise, l’alimentation est utilisée comme une forme agréable d’interaction et de communication.

RISQUE GENETIQUE

Parmi les facteurs de risque de l’obésité une composante génétique peut être notée car certaines races semblent être plus souvent concernées :

Labrador retriever – Cairn terrier- Cavalier King Charles – Scottish terrier – Cocker spaniel

DESEQUILIBRE HORMONAUX

Un pourcentage élevé d’animaux présente une hypothyroïdie pouvant être reliés à l’obésité et être responsable de celle-ci ou d’une résistance à l’amaigrissement.

Un bilan sanguin est donc nécessaire dès la première consultation.

COMMENT LA DIAGNOSTIQUER

La composition corporelle se définit par un pourcentage de masse maigre et un pourcentage de masse grasse.
La masse maigre composée de protéines (muscles) – de minéraux (os) – d’eau représente le plus fort pourcentage

Le traitement de l’obésité vise à diminuer la masse grasse sans perte de masse maigre.

POIDS CORPOREL

La pesée est la mesure la plus facile et permet un suivi très régulier, bien que grossier.

Plusieurs inconvénients :
– on ne connait pas la part de masse maigre et de masse grasse
– le poids idéal adulte est extrêmement variable selon l’animal, la race, le sexe..
– la pesée doit se faire sur la même balance et dans les mêmes conditions.

ETAT CORPOREL

Côtes, colonne vertébrale, os du bassin sont facilement visibles
Pas de graisse palpable sur la cage thoracique

Côtes, colonne vertébrale et os du bassin sont visibles, facilement palpables
Abdomen très levretté

Côtes, colonne vertébrale non visibles mais facilement palpables
Abdomen levretté

Côtes, colonne vertébrale palpables avec difficulté
Distension abdominale

Dépôts adipeux sur les reliefs osseux, côtes, colonne vertébrale.
Distension abdominale massive

MORPHOMETRIE

Les formules de calcul requièrent les dimensions de l’animal :
longueur de la tête – du thorax et des membres – périmètre thoracique et abdominal

Les longueurs sont corrélées avec la masse maigre et les périmètres avec la masse grasse.
L’index de masse corporelle (IMC) est calculé à l’aide de la mesure des masse maigre = distance entre la rotule et la tubérosité du calcaneum d’un des antérieurs et la masse grasse = périmètre thoracique au niveau de la neuvième côte.

MG : masse grasse
LRC : longueur en cm entre la rotule et la tubérosité du calcaneum d’un des antérieurs
PA : périmètre en cm abdominal au niveau de l’ombilic
PT : périmètre thoracique en cm au niveau de la neuvième côte 

Chien mâle :
% MG = – 1,4 x LRC + 0,77 x PA + 4

Chien femelle :
% MG = -1,7 x LRC + 0,93 x PA + 5

Une maladie

L’obésité est associée à une augmentation de la morbidité et une mortalité précoce. Le rôle du tissu adipeux ne se limite pas au stockage d’énergie, à la protection des organes et à la thermogenèse ; il sécrète également une grande variété de substances appelées adipokines dont les hormones leptine et cytokines.

L’obésité, par l’hyperplasie du tissu adipeux (volume anormalement plus important d’un tissu ou d’un organe), entraîne une augmentation de la production des ces cytokines pro-inflammatoires et donc une inflammation chronique qui associée à une augmentation de stress oxydatif, joue un rôle important dans la pathogenèse de maladies chroniques.

MALADIES LIEES A L’OBESITE

Des troubles orthopédiques :
ostéoarthrite, rupture des ligaments croisés,

Des désordres métaboliques ou endocriniens :
diabète sucré, insulinorésistance, hypothyroïdie, intolérance au glucose, lipidose hépatique du chat…

Des affections cardiaques et respiratoires :
réduction de la compliance des voies respiratoires, syndrome de Pickwick…

Des désordres uro-génitaux :
urolithiases, incompétence sphinctérienne, dystocie…

D’autres troubles :
intolérance à l’effort et à la chaleur, augmentation du risque anesthésique

Comment traiter l'obésité

Le premier traitement de l’obésité consiste en une réduction de l’apport calorique et une augmentation de l’activité physique.
Mais aussi le contrôle de la satiété.
Verifier d’éventuels troubles métaboliques ou hormonaux.

COMPOSITION DE REGIMES ADAPATES A L’AMAIGRISSEMENT

– RPC élevé pour préserver la masse maigre lors de l’amaigrissement
– limité en glucides pour prévenir leur conversion en gras
– pauvre en lipides pour diminuer l’apport calorique, mais suffisamment riche en acides gras essentiels
– quantité de fibres adaptée à la tolérance digestive de l’animal

CONTROLE DE LA PRISE ALIMENTAIRE

Après établissement d’une ration appropriée, il convient d’éduquer le propriétaire sur la façon de la distribuer.

– Utiliser une balance de cuisine pour mesurer la ration
– Diviser la ration quotidienne en plusieurs repas
– Dispositifs permettant de ralentir la prise alimentaire tout en augmentant la dépense énergétique (jeux distributeur)
– interdire l’accès à toute autre source de nourriture

L’ACTIVITE PHYSIQUE

Un exercice régulier est indispensable à la bonne santé de l’animal

– il permet de renforcer la masse maigre et donc d’augmenter le métabolisme de repos
– d’entraîner le système cardio-vasculaire
– d’augmenter la stimulation mentale
– d’accroître les dépenses énergétiques et l’oxydation de gras
– L’exercice permet également de prévenir le regain de poids post-amaigrissement.

D’autres bénéfices ne sont pas directement liés à l’exercice mais indirectement via la perte de masse grasse.

Enrichir son environnement, fabriquer des jouets avec du papier, des bouteilles, des balles, des cartons…

LE VETERINAIRE

Professionnel entre autre de la nutrition canine, il pourra établir un programme d’amaigrissement spécifique en fonction de l’animal et du propriétaire.

Les recommandations énergétiques inscrites sur les paquets d’aliments industriels varient énormément d’un fabricant à un autre. Les densités énergétiques sont adaptées à la prévention du surpoids mais pas à l’amaigrissement.
Il est donc compliqué pour le propriétaire de choisir un aliment adéquat, de déterminer quelle quantité donner, à quelle fréquence…

Un bilan sanguin nécessaire dès la première consultation, permettra de confirmer ou d’infirmer certaines maladies:

– un test de stimulation à la TSH pour l’hypothèse d’hypothyroïdisme
– un dosage des fructosamines
– une glycémie pour l’hypothèse de diabète sucré
– un test pour l’hypothèse d’hyperadrénocorticisme